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♦ Les larmes se mêlent à la pluie tandis que je marche dans la rue. J'avance à l'aveuglette, la vue brouillée, en espérant juste rentrer chez moi, même si rien ne m'y attend. J'essaie de t'oublier, de ne penser à rien. La pluie s'est changée en un vent froid qui chasse doucement mes larmes.
La porte d'entrée grince dans le silence. Je me débarasse de mes affaires superflues, et m'assoie dans la cuisine vide et austère. L'horloge me nargue de son tic-tac incessant. J'essaie de poser mon esprit, en vain.
Je me jette sous l'eau brûlante de la douche et ferme les yeux. J'espère que l'eau va purifier mon exprit sale et débile. Par inadvertance, j'écris ton nom sur les parois embuées, comme un réflexe. Ces quelques lettres me font si mal...Mes larmes veulent se déverser sans fin, mais je l'efforce de l'éviter. Je ne suis bonne qu'à ça, en ce moment: pleurer encore et encore.
Je m'extrais de la douche, et par hasard aperçoit mon reflet dans le miroir. Mon Dieu que je suis horrible. Mon corps est un vrai champs de bataille, c'est l'adolescence n'est ce pas? Du sang et de la graisse, voilà ce qui m'attend. Mon corps a beau être aussi épais que possible, il ne suffit pas à contenir mon esprit dérangé. Il veut s'échapper, me frappe de l'intérieur, et moi j'aimerais pouvoir le vomir et m'en débarasser. Je détourne le regard.
Je jette un coup d'oeil à l'écran de mon portable désespéremment vide; ton silence me fait mal, lui aussi. Assise à mon bureau, je tente de laisser mes pensées sur le papier, sans jamais venir les reprendre. Je lève les yeux vers la fenêtre, et regarde la nuit noire;
les étoiles brillent moins lorsqu'elles ne sont pas dans tes yeux."